Après le 16 avril 1746 et la sanglante bataille de Culloden qui vit périr pas moins de 1500 braves dans les marécages et plaines des Highlands et s’effondrer le rêve d’indépendance, malheur à celui qui voulait jouer de la cornemuse en Écosse. Après la défaite des Jacobites et la fuite de Charles Stuart en France, les anglais furent intraitables avec les écossais : interdiction du port du tartan et de la highland dress (tenue traditionnelle écossaise), suppression de l’autorité des chefs de clans avec la disparition des juridictions héréditaires, port d’armes interdit dont notez-le bien la cornemuse faisait partie, interdiction de la langue gaélique. En résumé, tout amateur de Piob Mhòr ou grande cornemuse devait s’expatrier s’il tenait à sa vie et sa culture écossaise.

 

Quelques décennies plus tard, en 1782, les interdictions furent levées. Les écossais n’avaient pas abandonné l’enseignement de la cornemuse et la transmission des chants, de ce fait elle devint l’identité d’un peuple, ses sonorités diverses marquaient un fervent désir de devenir une nation à part entière, mais sans oublier l’instinct de révolte contre l’oppression et l’injustice.

 

La cornemuse avait un rôle social emblématique très important au sein des clans. Le rôle de sonneur de cornemuse se transmettait toujours de père en fils. La musique marquait chaque évènement familial important que ce soit mariages ou funérailles, elle avait sa place aux rassemblements d’envergure des différents clans. D’instrument traditionnel de musique légère de salon, elle devint instrument militaire sur les champs de bataille. « Aucun bruit sur la lande qui semble déserte, un voile blanc matinal cache l’horizon, l’ennemi sent le danger et malgré le froid son front se couvre de perles de sueur. Soudain sans pouvoir les distinguer, il entend le son puissant des cornemuses, il sait désormais que l’assaut est imminent ».

 

D’utilité pastorale à l’origine pour la surveillance et le rappel des troupeaux, la cornemuse a aujourd’hui un très beau répertoire musical à son actif connu dans le monde entier. L’Écosse était à l’honneur du Festival Interceltique de Lorient en 2017, un régal pour les passionnés et un plongeon dans le monde celte pour les novices. L’hymne écossais Flower of Scotland lors des rencontres de rugby a un impact émotionnel percutant. Les cornemuses laissent peu à peu le public chanter seul ce texte magnifique : « O flower of Scotland When will we see… » https://www.youtube.com/watch?v=Pplm79iBAJE

 

Maintenant rien que pour le plaisir, je vous laisse écouter Scotland The Brave  et Amazing Grace par les Royal Scots Dragoon Guards. C’est beau, c’est émouvant, c’est puissant.

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