Interview du Docteur Paul O’Donoghue

Paul est maître de conférences à l’Université de Chester, conseiller expert auprès du Groupe de spécialistes de l’UICN Cat, du groupe Felid Taxonomic Advisory Group et du Scottish Wildcat Studbook

L’équipe de Wilcat Haven combat depuis 2008 pour sauver les chats sauvages écossais dans l’ouest des Highlands. En sous nombre par rapport aux chats harets (chats domestiques revenus à l’état sauvage), les chats sauvages ne peuvent pas se rencontrer pour s’accoupler, ils se reproduisent avec des chats errants, et diluent leurs gènes. Stériliser les chats errants où se trouvent les chats sauvages, permet de les protéger dans la nature à laquelle ils appartiennent.

Travaillant avec les Propriétaires terriens, l’équipe a déjà rendu plus de 500 square miles (environ 1300 kilomètres carrés) sans danger pour le chat sauvage, maintenant l’objectif est de leur permettre de vivre sur leur propre territoire.

Est ce que le chat sauvage mérite sa réputation d’animal féroce ?

Le chat sauvage est un animal sauvage qui vit en pleine nature dans une région inhospitalière en hiver. Le chat sauvage mérite sa réputation, il ne faut pas en avoir peur mais le respecter et le protéger.

Pourquoi le chat sauvage est-il menacé ?

Le chat sauvage est en danger à cause de l’hybridation. Malheureusement, les chats sauvages s’accouplent avec les chats domestiques errants, nous devons donc enlever cette menace d’hybridation de leur environnement et nous agissons par un programe appelé « trap neuter return » CAPTURERSTERILISERRELACHER.

Paul vous montre un piège pour capturer vivants les animaux.

 

Le but n’est pas seulement de capturer les chats sauvages mais aussi les hybrides et les chats domestiques errants. Tous les chats hybrides et les chats domestiques errants sont stérilisés et nous les remettons à l’endroit où nous les avons attrapés. C’est de la protection axée sur le bien-être, en utilisant la science et le plus haut niveau du bien-être animal pour préserver le mammifère le plus en danger en Écosse voir du monde.

Peut-on comparer son risque d’extinction par rapport à d’ autres espèces ?

Le chat sauvage est l’un des animaux les plus,  voire le plus en danger de la planète. On pense qu’il resterait  environ 35 chats sauvage, pour comparer, cela veut dire 70 fois plus rare que le panda géant, cet animal a besoin de notre prise de conscience, il a besoin d’être sauvé et c’est ce que nous voulons faire : sauver le chat sauvage dans son environnement naturel dans les Highlands.

Avez-vous gagné de soutien de la communauté locale ?

La clé de la réussite du sauvetage est de travailler en étroite collaboration avec les habitants, nous avons l’appui des écoles locales, des gardes chasse de cet immense domaine, c’est fondamental pour notre objectif, nous voyons les habitants comme des partenaires à notre projet, nous travaillons avec eux, nous sommes fiers de travailler avec eux, et ils paraissent également fiers de travailler avec nous.

Pourquoi est-il important de sauver le chat sauvage ?

Le chat sauvage est un élément clef de l’écosystème écossais, c’est une pièce fondamentale du puzzle qui fait que les Highlands sont ce qu’elles sont.  Nous ne pouvons tout simplement pas perdre le chat sauvage, nous ne pouvons pas nous permettre de vivre sans lui, nous avons besoin de faire notre maximum pour sauver les derniers chats sauvages. Un chat hybride est différent, un chat hybride n’est pas un chat sauvage écossais, ils se comportent autrement et l’objectif de wildcat haven est de conserver les derniers vrais chats sauvages.

Comment acheter une terre pour eux va aider à les sauver ?

L’endroit  où se tient Paul est fondamental dans la réussite à long terme du  wildernesse woodprojet du refuge du chat sauvage. Cela va aider à lever des fonds pour créer des réserves de chats sauvages. Notre objectif est de mettre en place la première réserve pour chats sauvages en Ecosse, un endroit où le chat sauvage peut être protégé, un endroit  où l’on pourra concentrer nos efforts de préservation pour les différents mammifères en Écosse.

Qu’avez-vous réussi à faire jusqu’à maintenant ?

Nous sommes très fiers de ce que nous avons réussi à faire jusqu’à là : en 3 à 4 ans, nous avons réussi à nous étendre sur une zone d’environ 350 square miles (environ 900 km2). C’est le seul endroit en Ecosse où le chat sauvage écossais peut s’accoupler avec d’autres chats sauvages écossais. Nous avons enlevé la menace principale.

 

territoire chats stérilisés

En vert, le territoire des chats hybrides et harets stérilisés ;  en jaune : la zone tampon

Comment le projet Wildcat Haven fonctionne-t’il ?

Le projet Refuge pour chat sauvage est une approche exhaustive pour sauver le chat sauvage écossais. Nous traitons chaque aspect dans l’esprit de préservation. Nous débutons le projet en utilisant des caméras espionnes  et nous étudions une zone entière qui va jusqu’à 900 km2 en une seule fois. Nous avons répertorié les animaux vivants dans cette zone que cela soit des chats domestiques errants, des chats hybrides, et plus important des chats sauvages écossais. Une fois toute la population féline évaluée, nous pouvons alors diriger nos efforts sur la première menace. Nous mettons les caméras espionnes en place, puis les pièges cages et nous avons un process pour chaque chat que nous attrapons. Le pur chat sauvage écossais est relâché après prélèvement d’un échantillon de son ADN, si c’est un chat hybride, il est stérilisé et relâché, si c’est un chat errant, il est stérilisé et relâché. En agissant ainsi sur chaque chat de la zone, c’est le seul moyen de fournir un havre de paix à long terme pour les derniers chats sauvages écossais restants. L’implication de tous est fondamentale dans le projet, nous travaillons très étroitement avec l’ensemble de la communauté locale, ce qui est très agréable à faire est de travailler avec les écoles primaires de la péninsule, c’est vraiment un bon moment d’aller dans une classe, pleine d’élèves enthousiastes qui dessinent  pour lever des fonds pour aider le projet. Ces enfants sont la prochaine génération de la protection des chats sauvages et nous pensons que nous avons une façon de travailler avec eux sur du long terme.

Comment faites vous l’échantillonnage de l’ADN des chats sauvages pour savoir s’ils sont croisés ?

Il y a deux possibilités principales pour connaître l’ADN d’un chat sauvage, l’une est  le piège à trappe, l’autre est d’utiliser un bâton, une pièce de bois à l’état brut que l’on va imprégner d’une odeur : cela peut être de l’herbe à chat, des graines d’anis et là j’utilise de l’huile de musc. On met l’huile en haut du bâton pour que l’odeur s’imprègne et le chat est attiré et vient se frotter sur le bâton, il laisse du poil et sur cette fourrure nous pouvons avoir le follicule qui nous donnera l’échantillon d’ADN. C’est une manière non invasive de travailler sur l’ADN du chats sauvages et pouvoir évaluer leur population.

Voici un piège cage (à trappe), c’est dans ces pièges que nous attrapons les chats, qu’ils soient pur chat sauvage, hybride ou chat domestique errant.  Nous mettons un appât au fond du piège derrière la plaque de basculement. Lorsque l’animal pénètre, il déclenche la porte et nous attrapons l’animal.  C’est important de comprendre que nous sommes dans la protection axée sur le bien être. Les pièges sont vérifiés toutes les 8 heures et les animaux sont immédiatement emmenés à la clinique vétérinaire, stérilisés et relâchés exactement où ils ont été trouvés. Vous pouvez voir l’effort pour camoufler le piège. Les chats sauvages sont vraiment très intelligents, ils n’iront pas à l’intérieur des pièges qui existaient avant, celui-ci est conçu pour ressembler à une tanière de chat sauvage, nous tapissons le sol de mousse pour que l’animal qui entre s’y trouve confortable, bien nourri et nous agissons rapidement et de manière professionnelle. En fait, de temps en temps, on attrape le même chat 3 à 4 fois et nous devons bouger ce piège. Les animaux qui y pénètrent ont une bonne nuit de sommeil et un bon repas et deviennent heureux de se faire piéger. Cela nous indique que les animaux sont dans leur bien être et pas stressés, c’est très important pour nous.

Voici la caméra espionne : C’est un outil capital dans notre projet de protéger les derniers chats sauvages écossais. Ces appareils enregistrent les chats sauvages continuellement, ils nous disent où se trouvent les chats sauvages, ce que hument les chats sauvages, en ayant connaissance de ces informations, nous pouvons agir en fonction.

Je mets la caméra en route et je n’oublie pas de mettre des miettes de maquereau devant la caméra ainsi que l’huile. Le chat sauvage ne résiste pas à cette odeur et pendant qu’il se nourrit, nous avons des images de haute qualité des animaux et nous pouvons commencer à identifier chaque individu, nous pouvons commencer à évaluer la population et nous possédons ainsi un savoir incomparable de la population locale. Voici comment considérer le chat sauvage, vous connaissez l’animal, vous aimez l’animal, vous protégez l’animal.
chat la nuit

Comment peut-on améliorer l’habitat des chats sauvages ?

Il y a plusieurs manières de gérer un territoire pour protéger les chats sauvages. L’une d’entre elles est de créer artificiellement une zone appropriée

On peut voir des sitkas qui sont des arbres à usage commercial et doivent malheureusement être abattu pour être remplacés par des arbres endémiques.

On peut abattre des arbres pour créer un site de tanières, un endroit où les chiens, les promeneurs ne pourront pas pénétrer de manière à créer un refuge sécurisé où le chat est protégé et dans lequel il pourra se pauser et se reproduire.

Les sitkas spruce qui ont besoin d’être abattus pour la sauvegarde des highlands peuvent servir à créer ces zones d’habitat où les purs chats sauvages écossais peuvent vivre et se reproduire.

Mais pas seulement cela, cela développe aussi les insectes et petits mammifères dont se nourrissent les chats.  Donc par une organisation très, très simple et bon marché, nous pouvons réellement augmenter la richesse naturelle d’une zone.

On entend dire que le chat sauvage ne peut pas être sauvé, qu’en pensez-vous ?

Quelques personnes disent que sauver le chat sauvage écossais est une cause perdue. Nous démontrons que c’est faux.

Le chat sauvage peut être sauvé, nous sommes en train de le sauver et avec votre aide en supportant ce projet, vous jouer un rôle vital dans la survie de l’animal le plus emblématique de l’écosse.

Acheter un square foot de terre fait vraiment une différence ?

Chaque square foot acheter a un impact direct sur la survie du chat sauvage écossais, en participant à ce projet, vous aidez à sauver le chat sauvage.

Quelle est votre vision à long terme ?

Nous croyons que le chat sauvage a un bel avenir devant lui. Notre objectif est de mettre en place un réseau de réserves sur le territoire écossais. C’est un projet à long terme et de longue haleine. Cela va permettre pour toujours d’avoir des habitats permanents pour le chat sauvage écossais, nous croyons  que ce sera un projet de communauté mondiale qui sera traité dans le respect de la protection du félin, c’est pourquoi je suis tellement heureux, enthousiaste  et je compte sur vous.

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