Dès le début de la civilisation, des agriculteurs  néolithiques qui s’intéressaient à l’astronomie vivaient sur Keil Hill où se situent Glencoe wood et Lairds wood.

Monolithe de Duror

(Monolithe de Duror)

Cette déduction découle du menhir installé près de Duror il y a 6000 ans, d’une hauteur  de 3,7 mètres  : the Achara Standing Stone. Ce monolithe devait être utilisé pour calculer le cycle de la lune et plus particulièrement ses nœuds que l’on appelle « la période orbitale des nœuds de la lune » et qui est d’une durée de 18,6 années. C’est un évènement très important à l’âge de bronze, nous n’en connaissons pas la raison. Beaucoup de pierres sont alignées sur les mêmes coordonnées célestes (plus grand axe de la pierre : nord est et sud ouest) dont les menhirs de Cnoc Fada sur l’ile de Mull.

On peut trouver 4 cairns distincts sur Keil Hill entourés de restes de pierre et de haies. Ils sont enregistrés au ‘Historic Environment Record’ (HER) en période néolithique. On y pratiquait certainement de la culture en sillon.

Keil Hill se situe dans une région côtière particulièrement belle, Appin,  nichée le long du Loch Linnhe, s’étendant de Benderloch au sud jusqu’à Ballachulish au nord. 

A ce jour, Appin fait partie du council district d’ Arygll and Bute.

Au 1er siècle après J-C, lorsque le savant grec Claude Ptolémée a entrepris la tâche gigantesque d’enregistrer la géographie du monde alors connu, la région d’Appin était l’extrémité sud des terres tribales d’un groupe qu’il nomma Creones ou Cerones. En dessous vivait une autre tribu appelée Epidii. Keil Hill était une partie de la frontière des Creones.

tribus en écosse Claude Ptolémée

carte des tribus en écosse selon  Claude Ptolémée

Les Creones ont peut-être participé à une alliance tribale qui s’étendait sur toutes les Highlands de l’ouest dont les Hébrides intérieures. Les romains conquérants les appelèrent Caledonii mais c’était soit une autre tribu si l’on en croit Claude Ptolémée ou bien cette alliance entre tribus.

Au 3ème siècle, une partie ou l’ensemble des tribus se sont alliées, certainement pour combattre un ennemi commun et sont alors appelées les Pictes.

Le mot Celt est également attribué à l’ensemble de ces peuples. Caled est une variante du mot Celt au pluriel : on utilisait la terminaison –on pour le pluriel celtique et la terminaison –ii pour le pluriel romain. Ce qui impliquerait que Calédonie signifie la même chose que Celtes.

bol creones

bol fabriqué par les Creones

Il ne reste rien des Creones sur Keil Hill. Mais au 6ème ou 7ème siècles, un bol fut trouvé sur leur terre nous donnant des informations sur le type de matériaux qu’ils utilisaient.

Picti vient du mot latin qui signifie « peint », puisque les Pictes étaient connus pour se peindre en bleu afin d’effrayer leurs ennemis. Le mot apparu pour la première fois dans un discours sur l’éducation par un orateur romain qui habitait en France en 297. Il semble que les Pictes étaient un problème pour les intellectuels contemporains qui désiraient civiliser le monde à leur image. Les Pictes refusaient d’être civilisé par Rome même si les britanniques avaient adoptés les voies romaines. Entre 69 et 85 ap J-C, l’écrivain romain Tacitus fut curieusement surpris de découvrir la plupart des Britanniques adopter la culture romaine et convoiter le luxe tel que les bains et banquets romains. Même la toge fut à la mode chez les Britanniques.

Ce ne fut pas le cas des Pictes. C’est un peuple fier qui, non seulement n’a pas adopté le mode romain mais qui a cherché à le détruire. Pendant le 1er siècle après la construction du mur d’Hadrien dans le 2ème siècle et de nouveau dans le 4èm siècle, les Pictes attaquèrent les frontières romaines. Considérés comme des barbares, ils étaient curieusement difficiles à conquérir par une civilisation qui se croyait militairement supérieure. Les Epidii et les Creones d’Argyll auraient participé à cette longue lutte et leur terre bien aimée et Keill Hill n’ont pas été envahies.

Une branche d’une nouvelle tribu s’installe dans les Highlands de l’ouest. Un rapport romain la signale en l’an 360 après J-C et les décrit comme des personnes de culture différente mais de sauvagerie identique aux Pictes. Ils sont connus sous le nom de « Scotti » et il se pourrait que les Picts viennent eux-mêmes  de Scandinavie. Exidium Brittaniae un historien du 5ème siècle parle d’une race « transmarine ». Les « Scotti » dont le nom Scotland pourrait peut-être tirer son origine, naviguèrent en provenance de ce qui est maintenant le comté d Antrim sur la côte nord de l’Irlande pour fuir des voisins belliqueux. Avant cela, il semble que Picti et  Scotti se soient alliés contre les forces romaines. Les Pictes et les Scots figurent dans les annales sur les affrontements Romano-Britanniques jusqu’à la fin des années 400 voire après.

Les Scotti du Comté d’Antrim sont les fondateurs du nouveau royaume qu’ils appelèrent Dalriada situé sur les terres d’Epidii. Les Pictes ont pendant longtemps fait du commerce et communiquer avec les Irlandais et il ne semble pas avoir eu de problème lors de leur installation dans les îles de l’ouest et les Highlands qui devint plus tard Argyll. La famille royale irlandaise est venue à Dalriada pour gouverner ce royaume distant pendant que les Epiddi disparurent.

Les immigrants irlandais parlaient le Gaélique mais les Pictes parlaient le Celtique.

Quelques années plus tard, le Gaélique devient le langage prédominant de l’Écosse. Le royaume de Dalriada s’étend jusqu’à Oban au nord qui se trouve à 30 kilomètres du sud de Keil Hill. Donc quiconque s’aventurait sur Keil Hill et attrapait son diner dans le loch linnhe ou dans la rivière salachan burn riche en saumons devait être un Creone et devait encore parler Celtique.

Au 6ème siècle, le christianisme atteint l’Ecosse et Keil Hill fut baptisé du nom que l’on connaît aujourd’hui. En 563, Saint Columba suivit ses ancêtres irlandais vers Dalriada avec pour objectif d’apporter la parole chrétienne aux Pictes…./…

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