Voici un résumé de l’intervention d’Alan Watson Featherstone.

 

 

 

 

Alan Watson est le fondateur et le directeur de l’association Trees for Life.

L’objectif est de restaurer la forêt calédonienne dans les Highlands.

Le nom Caledonia vient du temps des Romains et signifie « hauteurs boisées ». On pense que la forêt couvrait à l’époque 1,5 millions d’hectares, elle était composée de pins sylvestres, de bouleaux, de sorbiers, de trembles, de genévriers et autres. Sur la côte ouest, les chênes et les bouleaux prédominaient au milieu des fougères, des mousses et du lichens de cette zone pluviale. On pouvait trouver à cette époque des castors, des sangliers, des lynx, des originaux, des ours bruns, des loups, des aurochs, des wapitis et des oiseaux tels que le grand tétras, la mésange huppée, le bec-croisé écossais.

La nature en Ecosse a été durement maltraitée, dégradée, fragmentée et détruite tout au long de longues années. Le résultat est que 99 % de la forêt d’origine a disparu ainsi que la faune telle que les loups, les insectes butineurs pour ne citer qu’eux.

L’histoire de la déforestation est longue et complexe, entourée de mystères mais on a un aperçu de ce que l’on a perdu….

Il y a 12000 ans, l’ère glaciaire fait place au réchauffement climatique et des bouleau, saules, noisetiers,  pins ont commencé à prendre place. La Grande Bretagne est encore attachée au continent, les plantes, champignons, mammifères et autres organismes vivants colonisent la terre par le sud.

Il y a environ 5000 ans, la forêt calédonienne est en plein épanouissement.

Puis il y a environ 4500 ans, une période de froid et de temps humide débuta, encourageant la prolifération des tourbières au détriment des arbres.

Il y a environ 3900 ans, vient le début de l’élevage dans notre contrée. Pour des besoins de pâturage, les agriculteurs brûlèrent les landes et les bois de pins.

La déforestation est également la conséquence de l’abattage du bois utilisé comme carburant. L’élevage empêche la régénération. A l’époque de l’arrivée des Romains, la moitié de la forêt indigène avait déjà disparu. Au moyen âge, les vikings ont brûlé des zones boisées entières pendant leur campagne. Il est dit que l’on brûla également des forêt dans le but d’éliminer les loups. Les pins se régénèrent en général assez vite sur de la cendre mais pas dans une contrée humide soumise à un pâturage intensif.

Vers le 18ème siècle, l’exploitation forestière des pinèdes protège quelques zones du surpâturage, de l’augmentation des cervidés. Le marché du bois s’effondre face à la concurrence de la Scandinavie et des pays balte et la détérioration continue. La hausse de l’élevage des moutons, l’augmentation de la population de cerfs pour la chasse, la pratique de la chasse des grouses (Lagopus lagopus scotica ou lagopède rouge) ont eu raison de la forêt.

Sous bois de Stika

Les guerres mondiales ont joué un rôle important : dès la première guerre mondiale, on réalisa que la Grande-Bretagne n’avait presque plus de bois. Ainsi on introduisit l’épinette de Sitka à croissance rapide pour créer des plantations denses mais qui ne sont pas adaptées à la faune. On laissa la forêt indigène continuer à dépérir. Il ne reste que 1 % de nos pinèdes natives.

Forêt Calédonienne

En conséquence, l’équilibre est modifié, les prédateurs ont disparu, certains maillons de la chaîne sont irremplaçables, la nature du sol a également changé. Heureusement les temps ont changé et tout est fait pour inverser la situation en protégeant et restaurant la forêt naturelle et en augmentant la diversité dans les plantations.

Il est temps car les arbres restant arrivent au terme de leur vie, ils se meurent sans être remplacés.

La terre nous envoie un appel à l’aide : Voir les arbres pousser en équilibre dans un ravin, la seule place où il ne sera pas dévoré par un cervidé ou sur une île.

Arbre sur île en Ecosse

Les prévisions doivent être établies pour les 250 ans à venir, durée de vie moyenne du Scots pine (pinus sylvestris) pour les endroits où il n’y a plus de forêt, avant de pouvoir apprécier une véritable forêt mature.

A la différence de la réflexion à court terme que nous avons en tant qu’humain (on pense en année, ou alors jusqu’au prochaines élections, jusqu’aux vacances) , la restauration est complétement différents car notre objectif est de restaurer la biodiversité sur du long terme.

95% des graines en Ecosse sont détruites par les moutons ou les cervidés. Les jeunes pousses font le délices des animaux et si l’on agît pas, d’ici 50 ans, d’autres espèces auront disparu.

Comme le dit le proverbe chinois, « le meilleur moment pour planter un arbre c’était il y a 20ans. Le deuxième meilleur moment c’est maintenant ».

Notre rôle est de faire des enclos pour faciliter la régénération naturelle des arbres endémiques. C’est la manière la plus simple et la meilleures de régénérer une forêt qui implique le minimum d’intervention humaine et permet à la nature de faire la majorité du travail. Toutefois, cela fonctionne uniquement lorsqu’il y a suffisamment de sources de graines existantes, ce qui n’est pas le cas dans les Highlands à ce jour. Notre seconde action est donc de planter des essences d’arbres natifs d’écosse là où la forêt a disparu. Pour cela, nous collectons les graines des arbres survivants les plus proches pour maintenir la génétique locale. Les jeunes pousses sont ensuite plantées de manière aléatoire à l’intérieur d’une zone clôturée. Enfin, nous supprimons les arbres non indigènes et nous enlevons les rhododendrons particulièrement invasifs dans nos régions.

Quelques termes :

Muirburn : écobuage

Peat : tourbière : amas de végétaux en décomposition saturé d’eau.

Heather : bruyère

Wild boar : sanglier

netlon tree guard : filet de protection .

Sous bois d'une forêt de sitka spruce
forêt calédonienne

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