La tribu des tatoués a laissé des traces visibles de son passage dans les grottes de Lussac-les-Châteaux sur des pierres dont les gravures représentent des hommes à tête de chien et autres symboles animaliers . Ces mêmes gravures se retrouvent sur des croix et pierres dans le nord de l’Écosse, mais elles gardent tout leur mystère, personne ne peut à ce jour les déchiffrer.

 

Ces tatoués sont des coriaces et de grands guerriers qui font trembler sur pied les centurions romains. Ils se rendent effrayants en se badigeonnant le corps et la face de teinture bleue, mais il est fort probable au risque de casser un peu la légende de ces braves, qu’ils utilisent  une plante tinctoriale pour soulager le feu des symboles au fer rouge qu’ils se tatouent sur la peau. De toute façon, il ne fait pas bon les affronter, ils sont considérés comme des barbares et ne reculent pas devant l’ennemi. On raconte dans l’histoire avec  un grand H que même le mur d’Hadrien ne les a pas arrêtés, et pour cause, ils ont passé leur temps à harceler les bretons sur la côte nord-est de l’Angleterre pour le contourner. Tatoués, coriaces et malins.

 

Mais qui sont ces hommes tatoués ? Des hordes sauvages écumant l’Europe ? Si je vous dis Dame Séli, reine de Carmélide, femme au caractère bien trempé qui a de la répartie au royaume légendaire de Kaamelott, elle vient de cette tribu des tatoués, c’est est picte.

 

C’est le père François qui parle des pictes, c’est vrai qu’il connaît la série Kaamelott par cœur et qu’il a un faible pour la reine de Carmélide, mais il n’arrête pas de dire aux gens « t’es un sacré picte toi ! ». Que viennent faire les pictes ici en Poitou ? Le père François est un bon bonhomme et c’est un peu le Monsieur Culture du village, il peut sans doute m’en dire davantage. Je décide de passer le voir à son moulin, cela me fait une occasion de ramener de la bonne farine.

 

« Bon, assieds-toi, je vais te résumer une partie de l’histoire de cette peuplade celte, sacré picte, si tu veux plus de détails, il te faudra revenir me voir ». Me voilà catapulté en Gaule en plein sur les meilleures terres de cette tribu celtique bien implantée entre la Loire, le Massif-Central, la Charente et le golfe des pictons qui n’est autre que le marais poitevin actuel. Artisanat, commerce, agriculture, élevage, tout semble réussir aux pictes, mais afin d’asseoir leur puissance, ils vont s’allier à une autre peuplade les Santones et établissent des passages maritimes en direction des îles britanniques. C’est depuis le port de Ratatium (Rezé) qu’ils vont développer les échanges commerciaux et assurer leur fortune. Les pictes disposent de leur propre monnaie, autant dire qu’ils sont puissants et riches, mais au fil du temps et jusqu’à l’arrivée de Jules César, d’autres tribus comme les Vénètes cherchent à briser leur hégémonie. Lors des invasions romaines à l’ouest, le roi picte Duratios par bêtise ou par cupidité, laisse son fabuleux territoire picte ouvert aux cohortes romaines. Des conflits vont survenir, les chefs de guerre pictes vont devoir se battre et malgré leur ténacité, le peuple picte se retrouve finalement sous domination romaine. Une partie de leur territoire va leur rester acquise, il prend le nom de Pictauia Pays des Pictes et va devenir le Poitou. La ville de Lemonum sera Poitiers.

 

Le père François me dit en rigolant « Je pense que tu fais partie de ceux qui se sont sédentarisés, sacré picte, parce que les autres ont pas mal voyagé et se sont finalement installés sur la belle terre d’Écosse ».

 

 

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