Cette nuit, j’ai révé avec une force et un réalisme qui m’a terrifié.

Ce n’était pas mon imagination mais un souvenir que mon cerveau a décidé de faire remonter à la surface.
Comme si le moment était venu de l’affronter.

Je dois avouer que tout est vague et que cela m’arrange pour le moment.

J’ai envie de consulter le psychologue, avant d’avoir à accomplir cette tâche, afin de tout combattre en toute lucidité.

En attendant, je roule… J’arrive en trombe à Dumfries et m’installe rapidement à mon hôtel The Huntingdon B&B.

La ville me semble assez petite.

Je pense qu’avoir passé deux mois entre Glasgow et Edimbourg m’a donné des habitudes et des références urbaines.

Au revoir Sean Connery et Arthur Conan Doyle (tous deux nés à Edimbourg), bonjour Ray Wilson, Allan Mc Nish, Calvin Harris (nés à Dumfries) ou encore Robert Burns (mort à Dumfries) !

Quant à la campagne, elle ne m’a jamais dérangée, je dois juste revenir à une échelle plus humaine.

D’ailleurs, c’est bien l’humain qui va être au centre de mes préoccupations prochainement.

En rentrant dans cet hôtel, je demande sans conviction aux employés si mes parents étaient présents.
Ils semblent hésiter…
J’ai la sensation de ne pas espérer…

Ils me répondent, après avoir souri en ayant vu la photo, qu’ils sont partis il y a quelques jours.
Je leur demande des précisions sur leurs comportements, leurs attitudes, leurs caractères… Etaient-ils seuls?
Au final, il n’y a rien à signaler. Rien.

Je me suis demandé combien de villes il va falloir que je retourne afin de retrouver mes parents.
J’ai eu envie abandonner l’espace d’un soupir…

Au plus profond de mon âme, je sais malgré tout, que je dois persévérer.
Je pose là mes affaires puis décide d’aller voir les beautés de la ville.

Dumfries, me voici !

Après une journée à me plaindre sur la tristesse de l’existence, je décide de me reprendre en main…
… Demain…

A l’heure de l’apéro (il y a bien un fuseau horaire dans le monde qui est à l’heure pile poil à l’heure de l’apéro 😉), je sors.
En fait il est 18 heures et cela me convient très bien!

Je me rends donc dans un pub proche (cette expression en Ecosse est quasiment un pléonasme, il y a toujours un pub proche dans ce pays, je ne le préciserai plus à l’avenir et je prierai expréssément le lecteur d’acter cette information comme évidente et définitive).

Je commande un petit whisky, on me sert l’équivalent d’une petite baignoire qu’ils appellent « pinte » de ce breuvage magique à 40°.
Il est à noter également, qu’à cette intensité d’alcool, il se produit des connexions neuronales intéressantes et mêmes passionnantes d’un point de vue social et scientifique.
Dans mon cas, et dans l’ordre, voici les effets bénéfiques de cette boisson sur mes perceptions au fur et à mesure que j’en alimente mes cellules :

  1. Le ciel passe du bleu au violine : c’est apaisant, relaxant.
  2. Les gens du bar parlent de moins en moins fort autour de moi, ce qui m’oblige à élever légèrement la voix.
  3. Je développe mon potentiel sensoriel et j’affine ma mémoire : je reconnais de plus en plus de personnes. La gérante devient une connaissance, une amie, une confidente puis ma prétendante et enfin ma cible.
  4. J’ai envie d’écrire mes mémoires. Je prends mon dictaphone invisible et me met à commencer ma biographie depuis ma naissance en criant pour pouvoir utiliser la bobine au besoin.
  5. Je me retrouve dehors, par choix individuel et collectif. C’est souvent à ce moment que je dévellope un don exceptionnel : je comprends et je parle aux chiens, aux chats, aux arbres puis aux cailloux et aux réverbères.
  6. J’écris à tata Zuzette.
  7. Bobo tête : J’ai trop réfléchi. Le monde me déteste. Je me suis fait agresser à Glasgow quand j’étais petit.
  8. Je ne touche plus au Whisky. S’il me touche encore, je porte plainte !

Finalement, je trouve dans une efficacité qui défie toute logique, l’emplacement, de mon hôtel ainsi que de ma chambre et de mon lit !

Demain, je me reprends en main. Dumfries me voici ! 

Papa, maman, je crois que je me suis souvenu de quelque chose… Mais quoi ?

Annexe 10a – Personnalités liées à Dumfries

Vous vous demandez sûrement quelle célébrité est née ou morte à Dumfries, cette ville agréable de 38 000 habitants ?

Et bien voici un début de réponse !

Ray Wilson :
Né à Dumfries le 8 septembre 1968 (en même temps que le grand prix F1 d’Italie c’est fou non ? Non ? ok).
Ray Wilson est chanteur, compositeur, musicien et guitariste. Chanteur éphémère du groupe Genesis après le départ de Phil Colins, il a enregistré l’album Calling all Stations en 1997. Aujourd’hui, il chante encore quelques morceaux de Genesis en concert.
Avant cela, il a fait partie d’un groupe au succés aussi intense que rapide, Stiltskin.

Allan Mc Nish :
Né à Dumfries le 29 décembre 1969 (en même temps que la répression des manifestations étudiantes en Ethiopie c’est fou non ? Non ? ok).
Pilote automobile, il a remporté les 24 heures du mans automobile à trois reprises et est monté sur le podium plusieurs fois. Spécialiste des courses d’endurance, il s’est essayé une saison en formule 1 chez Toyota en 2002 sans avoir brillé dans cette catégorie reine.
Il a été pilote d’essai plusieurs années.
Il a été vice champion du monde d’endurance en 2012 et champion du monde l’année suivante, dans la même catégorie, en 2013. Il a obtenu le prix Stewart Medal Award, pour service rendu au sport automobile écossais, en 2004. Il a reçu de nombreux prix « pilote de l’année » et de nombreux trophèes individuels et d’équipe.

Calvin Harris :
Né le 17 janvier 1984 à Dumfries (le même jour que la conférence sur le désarmement en Europe, à Stockholm, c’est fou non ? Non ? ok).
Calvin Harris est un dj mondialement connu et a collaboré avec de grands artistes (Rihanna, Kylie Minogue, Kelis, Ariana Grande,  Katy Perry, John Legend, Snoop Dog …).
Il a battu le record de Mickael Jackson en arrivant à placer 9 titres du même album dans le top 10 britannique !
Il a été le dj le mieux payé au monde pendant 3 ans (2013 à 2015) selon les estimations du magazine Forbes.

Robert Burns :
Né à Alloway le 25 janvier 1759 et décédé le 21 juillet 1796 à Dumfries (pile poil le jour de sa mort c’est fou non ? Non ? ok).
Surnommé le « fils préféré de l’Ecosse », il est l’un des poètes les plus représentatifs de l’Ecosse. Il a écrit en Scot, en light scot (plus accessible) et en anglais (le plus souvent des textes politiques plus rugueux). Il a contribué à l’émergence du romantisme. Il a marqué l’Ecosse de son empreinte. Son poème Auld Lang Syne est souvent chanté le dernier jour de l’année et Scots Wha Hae servit longtemps d’hymne national officieux de l’Ecosse !
Plusieurs de ses poèmes ont été mis en musique par le compositeur allemand Robert Schuman.

Annexe 10b – Dumfries et le mur d’Hadrien

Fondée en 1186, Dumfries est une capitale administrative du council area au Sud-Ouest de l’Ecosse. Sa population est de 38 000 habitants.

La ville est isolée par des massifs montagneux appelés Southern Uplands qui culminent à plus de 800 mètres.
En 1306, c’est à Dumfries que Le futur roi Robert The Bruce assassina son rival au trône,  John III Comyn.

Il y a plusieurs choses à visiter si vous vous rendez à Dumfries :

Le château triangulaire de Caerlaverock

(un des seuls en Europe ayant cette forme), il date du 13ème siècle et est entouré de douves, on peut le visiter !

Sweetheart Abbey :

En ruine, cet édifice fut construit à l’initiative d’une femme puissante, Dervorguilla de Galloway, qui ne s’est jamais remise de la mort de son mari et qui, après sa mort, reposa à côté d’une boîte en ivoire contenant le cœur de son défunt mari.

Maison de Robert Burns où il a passé la fin de sa vie :

Figure emblématique de l’Ecosse, Dumfries et sa région sont des lieux idéaux pour en connaître davantage sur ce poète.

Son enfance dans les champs et sa fin de vie (il y a d’ailleurs un festival Big Burns Supper qui allie concerts, expos, spectacles au mois de janvier).

La distillerie Annandale :

Parce que si on ne parle pas de whisky, on a un doute sur le fait d’être en Ecosse ou pas !

Kirkcudbright : Avec 3447 habitants, ce village coloré mérite qu’on s’y attarde.

Amoureux d’astronomie, allez à Moffat, première ville de ciel étoilé d’Europe !

Dumfries Museum :

Le plus grand musée de la région, il aborde la vie locale, la préhistoire et a la plus vieille caméra du monde !

Château de Drumlanrig :

Construit de 1679 à 1689 en grès rose, il dispose de 120 pièces, 17 tourelles et 4 tours. Magnifique !

Mais si vous préférez, il y a des parcs, de belles ballades, des châteaux en ruines, un sentier : le SW300. La région, un peu délaissée au profit des highlands ou de la Central Belt (région dense comprenant les deux grandes villes de l’Ecosse, Glasgow et Edimbourg), vaut le coup d’oeil et mérite qu’on s’y attarde quelques jours !

Non loin de là se trouve aussi le mur d’Hadrien, qui avait pour but de repousser les attaques ennemies. Doté de 300 tours dont 80 principales et 17 camps retranchés, cet édifice, long de 117,5 kilomètres, fut construit en l’espace de six ans par trois lègions romaines. Le fait que ce soit trois légions différentes a provoqué des différences de dimensions sur l’ensemble du mur. Il représente la trace la plus importante de l’empire romain au Royaume-Uni. Délaissé peu à peu, des légendes écossaisses racontent que les pierres sont solides à cause de la présence du diable et que les personnes réutilisant les pierres ont ensuite vécu des drames. Il a inspiré « Le mur » dans la série Games of Thrones.

Annexe 10c – Lettre pour tata Suzette, le 22 mai 2019 (après quelques verres de Whisky)

Tata Suzette,

Je t’aime aussi fort que le whisky.

Tata Suzette, mais pourquoi es-tu seule ? Pourquoi suis-je seul aussi ?
Pourquoi Haru m’a filé entre les doigts comme l’amour se dérobe à mon cœur ?

Le chien et le réverbère sont d’accord, je mérite mieux que la solitude devant ma bassine de Whisky.

Tata, ça ne va pas. Ou alors si, ça va bien car je crois que je veux changer.

Tata, c’est un cauchemar cette agression à Glasgow ? Oh, ne me répond pas, je crois que je vais trouver tout seul avec l’aide de ce Doncteur Harrison.

Si j’ai besoin de précisions, je t’appelerai.

Je te laisse, le ciel clignote et mon verre m’engueule.

Je t’aime ma tata.

PS : Dans ma chambre, j’ai mon secret, chuuuuuuuuuuuuut !

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