Le voyage de Bobby – Épisode 2

Le 26 mars 2019
J’arrive à l’aéroport principal de Glasgow.

Il y a un monde fou et une organisation millimétrée, point commun de tous les aéroports fréquentés. Enfin, j’imagine. J’ai la tentation de prendre l’avion suivant qui repart en France mais ce n’est qu’un éclair de peur ou de paresse.

aéroport de glasgow

L’impression d’avoir changé de pays ne se fait sentir qu’en quittant les lieux. Je me rends, tant bien que mal, au centre de Glasgow avec la navette. Je me sens comme un nutritionniste débarqué dans un fast-food. Légèrement de trop. Mais lors de la sortie de la navette, je me mis observer le paysage et à parler pour moi-même :

  • Quelle belle ville !
  • On dit que Glasgow est un musée à ciel ouvert et que l’on a constamment les yeux vers le ciel. C’est bien vrai. J’avais donc les yeux levés quand j’aperçus la majestueuse Cathédrale Saint-Mungo (2a). J’ai lu quelque part que Glasgow se serait construit autour de cet édifice. C’est en tout cas mon point de repère aujourd’hui. Elle est située non loin de l hôpital, le Glasgow Royal Infirmary.

Glasgow

Je me sentis soudainement rassuré de me trouver non loin d’une zone où on pourrait me soigner. Au cas où. Pas que je me sois imaginé braver des dangers mais, la peur de l’inconnue grandissante, c’était là un lien étroit de douceur et de réconfort. J’étais dans un pays à la fois civilisé et rempli de charmes.

hopital glasgow

Je continue à vagabonder jusqu’à me rendre compte que je suis perdu. Difficile d’être perdu dans un lieu étranger. Le fait est que la cathédrale n’est plus visible et que mon hôtel, le Glasgow Metro Youth Hostel est trop loin (à quelques kilomètres de là).

Je tente de me raisonner…

… Ne pas crier. Je porte sur mes frêles épaules, l’honneur de la France, des français, des françaises et de tous mes ancêtres. Pour cette raison, je me dois de rester digne et de ne pas hurler. Je regarde ma carte en tremblant et ne trouve pas de lieu familier. Ni de direction.

carte glasgow

Je suis certainement quelque part entre la rue de la Poisse et l’avenue de la Loose. Quand je comprends que le soleil finira par descendre, que ce froid déjà bien présent, s’intensifiera, je lâche la pression et me roule par terre en criant, dans un soupçon de lucidité :

« Help me ! Help me ! I didn’t want to die ! »

D’abord choqués, puis interpellés puis amusés, quelques passants bienveillants m’aident et gribouillent un chemin avec à la fin une croix. Je me croirai presque dans une chasse au trésor. Retrouvant ma dignité, piétinée sur le trottoir, je remercie, à la volée, les passants si aimables et souriants et respecte le plan dessiné à mon intention, à la lettre. Deux surprises m’attendent au lieu où l’on m’a envoyé :

  1. C’est un office de tourisme. Bonne idée de m’avoir amené ici ! Ils m’indiqueront à coup sûr comment aller le plus rapidement à mon hôtel. Je me procurerai aussi les bonnes adresses où manger. Ou boire, mais pas d’alcool, je n’en bois jamais, JAMAIS !
  2. L’office de tourisme est non loin du terminus de ma navette. Je me mords la main fermée pour ne pas déballer tout haut le dictionnaire complet des injures et mots fleuris.

Finalement, les passants qui me dévisagent me font comprendre qu’il vaut mieux entrer dans l’office et agir comme un adulte ! Je me pose alors sur un banc et m’empresse d’écrire à Tata Suzette (2b).

Je rentre dans l’office de tourisme et reste bouche bée par un détail qui remet en cause mon image des Écossais…

 

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