Le voyage de Bobby –  Épisode 3

Office tourisme

Effaré. Je m’avance vers l’accueil. Un employé souriant s’approche de moi et me demande :

  • Je peux vous aider ?

Je me demande alors comment il a deviné ma nationalité vu qu’il me parle français…
Je n’ai pas encore dit un mot. Je ne porte ni béret, ni baguette et je ne parais ni désagréable ni hautain. A moins qu’il ne soit télépathe. Peut être que je suis entré dans une ville ou un pays d’experts en neurologie et intrusion dans les cerveaux étrangers. Peut être qu’ils vont m’enlever et m’obliger à regarder toute la série Highlander pour m’obliger à parler. Mais je ne n’ai rien à dire ni avouer. Peut être qu’ils connaissent mes vices, mes failles et le secret de ma chambre. Il faut que j’arrête de penser. Puis je me rappelle que j’ai collé le drapeau français sur tous mes hauts… Juste au cas où…

  • Vous n’avez pas de … demandai-je.
  • Oui ? répondit-il, interloqué.
  • De kilt ? (annexe 3a) continuai-je.

Il me dévisage puis se met à rire. Ses collègues rient de bon cœur aussi. Apparemment, l’un d’entre eux a gagné un pari.

  • Non, monsieur. A vrai dire, le kilt fait partie de notre culture nationale et de notre essence mais il est davantage porté dans le nord du pays. Que puis-je faire pour vous ?
Je lui explique rapidement que je cherche mon hôtel et des informations sur mes parents.

Je décide de leur montrer la seule photo que j’ai d’eux. Sur cette photo, je suis en gros plan, ado en train de pleurer, du chocolat fondu sur mes lèvres et mes deux parents sont légèrement derrière en train de rire.
Je me souviens … finale 2006 France-Italie, le penalty, l’égalisation, la tête de Zidane d’abord pour obliger Buffon à une parade, puis la tête sur Materazzi. Le choc, la colère puis les larmes et cette photo traumatisante. Mais c’était la seule que j’avais. Malédiction. Quand je lui tends la photo, un sourire léger et mutin se dessine sur son visage. J’imagine que ma tête déconfite l’encourage à partir dans un fou rire incontrôlable. Vous connaissez l’expression « mort de rire » ? Ce monsieur bien gentil a failli la vivre. Il ne dut sa survie qu’à un rigoureux exercice de respiration qu’il a appris chez les moines Shaolin.

Moine Shaolin

Pour ma part, j’ai obtenu mes informations.

Mais je me sens comme Pippin (annexe 3b) quittant pour la première fois sa comté. Un petit poisson qu’on aurait envoyé dans un océan de piranhas et qui serait sur la défensive. Trop d’émotions. Je passe devant le King’s Théâtre qui a l’air bondé et de qualité. Je décide de continuer mon chemin et rejoindre mon hôtel à proximité, pour ma première nuit. Je suis soulagé de sentir que ma fatigue m’assommera rapidement. Pas envie de raisonner.

King's Théâtre

King’s Théâtre

Arrivé devant MON lit, une lettre m’attend…
Je trouve ça tout d’abord normal et passe mon chemin. Puis non, je reviens à la hâte.
Un mot de bienvenu ? Peut être…
J’ouvre enveloppe, la déchire (par habitude) et lit le mot à l’intérieur (annexe 3c).

Demain, j’écrirai à Tata Suzette (annexe 3d) puis j’irai manger à l’un des meilleurs restaurants de la ville : Rawlings : Love to Eat.
Je me laisse quelques jours de détente afin de prendre la bonne décision et mener mon enquête.
Puis-je faire confiance à celui qui m’a écrit ? Qui est-il ? Et surtout comme se fait-il que la lettre soit arrivée là avant moi ? Elle n’a pu être écrite qu’à Glasgow et déposée ici par quelqu’un de l’hôtel…

Rawlings : Love to Eat

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer