J’abandonne Edimbourg.
Je fuis Aberdeen.
J’oublie Glasgow.
J’ignore Dumfries.
Je me mens à moi-même mais cette fois ci, et c’est une première, je le fais en toute lucidité.

Je peux vous le dire maintenant, cher lecteur assidu, l’identité de la ville vers laquelle je me dirige.
Son nom celtique signifie « prairie broutée ». Je sais, cela ne vous aide pas…
Mais j’aime faire savoir que je sais et j’aime savoir quand les autres ne savent pas encore !

Trêve d’excentricité. Je vous dévoile tout: je vais à Melrose, un village perdu entre Edimbourg et Dumfries.

Pourquoi aller là bas me demanderez vous ? Pour quatre raisons :

 

 

 

  1. Parce que c’est le lieu où repose le cœur de de l’ancien roi Robert Bruce à l’abbaye.
  2. Parce que c’est le lieu de la tombe supposée du légendaire Roi Arthur.
  3. Parce que ce fut dans ce village que résidea Sir Walter Scott (Abbotsford House).

Autant de figures historiques liées à Melrose, un petit village riche d’histoire  :

 

Ah j’ai oublié la quatrième raison ?

Etre libre, me débarasser de cette impression d’être une marionnette. Couper le fil.

Je finis le trajet en passant via l’A68 par Blainslie, Earlston, Bernersyde et enfin Melrose !

Un village d’environ 1670 habitants. Peut être 1700 aujourd’hui..
J’ai réservé le Burts Hôtel avant de partir. J’ai besoin de me poser, d’être loin de tout afin de me rapprocher de moi-même.

Dés que je suis arrivé, je me suis senti bien, seul et bien.

J’ai déambulé dans ce lieu magnifique.
J’ai visité l’abbaye, la maison de Sir Walter Scott et puis plus rien.
J’ai aussi cherché la tombe du roi Arthur… Juste au cas où, avec un peu de chance. Mais je ne l’ai pas trouvé. Mais là n’est pas l’important.

Le lieu dégage la même aura que les légendes avec lesquelles il est lié. Les lieux sont comme les personnes : on les aime parfois davantage par ce qu’ils nous inspirent que par les faits et les certitudes qui tendent maladroitement à les définir.

Pour ma part, tout ici m’inspire. Et je n’ai pas envie de raisonner davantage. J’ai juste décidé d’être heureux à contempler le paysage et à imaginer au delà de mon horizon.

Pendant des heures, je me suis senti libre.
De partir, de rester, de chanter, de hurler.

Depuis quand j’étais en Ecosse ? Deux mois ? Ce que j’y ai vécu est extraordinaire.

Il me reste plus qu’à retrouver mes parents afin de vivre tout cela avec eux. Je n’ai sans doute pas compris la chance que j’avais de les avoir à mes côtés.

Même si j’ai peu de souvenirs quand j’étais tout petit…

Quant à Dumfries, j’irai…

J’irai demain. Parce que je sens que c’est un passage obligé.

A la fois pour trouver mes parents que pour me trouver moi même.

Assis dans l’herbe, j’écris une carte postale pour tata Suzette. Vais je arriver à exprimer ce que j’ai sur le cœur ?

Attention, l’alcool est dangereux pour la santé

Je rejoins mon hôtel. Il est presque 18 heures.

J’ai l’estomac dans les talons. Une chance, le bar ouvre pile poil quand j’arrive.
Le menu ainsi que les informations me laissent penser qu’il est connu pour la qualité de ses plats.

Je prends aussi un Whisky au hasard parmi les 90 références.
Je sens comme une surprise dans l’information que je viens de vous servir. J’ai en effet succombé à la douce tentation du whisky.
Le whisky ne peut pas faire de mal, à part un léger mal de tête pour les novices.
La preuve ? C’est le whisky qui m’a guidé chez le médecin qui m’a guidé vers le psychologue et qui va me guider vers moi même.

Un résumé lucide et honnête est donc de déclarer avec certitude que le whisky aide à se retrouver soi même !

C’est avec cette conversation adressée dans l’espace flou et vague entre deux clients inconnus qu’un vide s’installe.
En toute logique, je n’ai pas pu rejoindre seul ma chambre d’hôtel…
En toute logique, ce n’est pas à ce moment que des bribes de souvenirs auraient du me revenir à mon réveil…
Et me faire partir rapidement vers Dumfries …

Annexes A, B et C

Annexe 9a

1. L’écrivain Sir Walter Scott

Sir Walter Scott, poète, écrivain et historien écossais (1771-1832), il a écrit des poèmes puis des romans historiques.
Suite à une maladie étant bébé, il boîtera toute sa vie et aura une santé fragile.
Ce sont sa mère et sa tante qui lui donneront la passion de la lecture et de la littérature.

Il a donné à l’Ecosse une image romantique et a permis le retour du tartan et du kilt, interdit jusque là depuis 1746.
Il publie en 1810, le très populaire « La dame du Lac » qui deviendra le libretto (paroles d’une chanson) de l’Ave Maria de Schubert.
Il est aussi connu pour avoir écrit Ivanhoé.

Il subit deux crises financières en 1813 et 1825-1826.

Quant il meurt, il a encore 54 000 livres de dettes. Ses héritiers négocient ses droits d’auteurs à 33 000 livres avec ses éditeurs.
Sa résidence, qui se trouve prés de Melrose, se nomme Abbotsford et il aura passé une bonne partie de sa vie à l’investir et l’agrandir.
C’est dans sa maison qu’il décédera épuisé par ses efforts pour maintenir son train de vie.

Il a été un précurseur du roman historique et de la culture des Higlands. En son honneur, la gare d’Edimbourg a été renommé Waverley (Un de ses romans, ébauché en 1805 et finit en 1813).

2. Le roi Ecossais Robert The Bruce

Robert The Bruce ou Robert Bruce en anglais moderne est un héros majeur écossais.

Né le 11 juillet 1274 et mort le 7 juin 1329, il a mené un long combat pour l’indépendance de l’Ecosse.
Comte de Carrick, il est le roi des Ecossais de 1306 à 1329.
Dans un premier temps, il se soumet au roi d’Angleterre, malgré une révolte en 1297.
A la mort de son père, il devient chef de son clan et fait valoir ses droits au trône d’Ecosse.
Après avoir tué son rival, John Commyn, le 10 février 1306, à Dumfries, il est courronné roi des Ecossais le 25 mars de la même année.

Il est obligé de fuir ensuite car il est défait à la bataille de Methven et au combat de Dail Righ, il doit se cacher et se réfugie dans les Hébrides intérieures.
Il combat ses ennemis écossais entre 1307 et 1314. Il remporte un combat décisif contre l’armée anglaise le 24 juin 1314 lors de la bataille de Bannokburn.
Par la suite il défit les anglais en 1323 puis une dernière fois en 1327 et l’Angleterre et son jeune roi Edouard III se résignèrent à signer le traité d’Edimbourg le 17 mars 1328 qui reconnaît officiellement la royauté de Robert The Bruce.

Il mourut en pleine gloire et ayant réussit la quête d’une vie.
C’est David, fils de son second mariage, qui lui succéda. Le cœur embaumé de Ribert Bruce serait enterré dans l’abbaye de Melrose.

On y trouve aussi les autres rois écossais.

3. Le roi Arthur

Même si son existence n’est pas attestée, le roi Arthur est une figure emblématique des V et VI ème siècle.
Il est peut être le fruit de plusieurs destins réels.
Il naît à Tintagel en tant que fils illégitime grâce à un stratégème de Merlin qui l’épaulera toujours.
Dans la légende, il est le seul à pouvoir enlever Escalibur du rocher lorsque le trône du royaume de Bretagne fut vacant, ce qui lui donne la légitimité du trône..
Après avoir combattu des barons pour le trône, il s’entoure de chevaliers pour former Les Chevalier de la table ronde.
Il combat en Gaule et en sort victorieux.
Il épouse alors la fille de Léodagand, Guenièvre, roi de Carmélide.

Et c’est l’Amour qui provoquera la fin tragique d’Arthur.
Le manque d’un héritier, les relation entre sa femme et l’un de ses chavaliers, Lancelot, l’inceste d’Arthur avec Mordrer ou Morgause (sa propre mère ou sa sœur), qui va engendrer sa perte.
En effet, son fils va se retrouver sur le trône et prenant goût au pouvoir, défiera et tuera son père.
Escalibur sera jeté à la mer mais rattrapée par la Dame du lac.
Quant à Arthur qui aura causé aussi la mort de son fils, son corps sera ramené par sa demi sœur, la fée Morgane, sur l’île d’Avalon.

Selon une hypothèse, sa tombe se trouverait près de Melrose, sur les hauteurs de Eildon Hills, colline qui surplombe la ville.

Annexe 9b

Flashback n°1 : Avant la naissance de Bobby aux voyages de Glasgow

Mimmo est né le 28 février 1966. Appliqué et sérieux, il connut des études honorables mais se dirigea, contre l’avis de ses parents, dans le rugby professionnel.

D’abord craintif, ses parents le laissèrent s’épanouir ainsi.
C’est au début de sa carrière, qu’il rencontra sa future femme, Mylène Madone, danseuse profesionnelle, connue et reconnue.
Etant l’une des seules personnes en France à ne pas la connaître ni la reconnaître, il fut à son aise. Son naturel désinvolte et à la fois droit, la séduit immédiatement.
Il se marièrent le 23 novembre 1990, Mylène ne sachant pas encore qu’elle portait leur fils, Bobby, qui viendrait au monde le 11 juin 1991.

Leurs carrières professionnelles furent préservées jusqu’à cette année sombre de 1995 où on diagnostiqua à Mylène un cancer des poumons. Le combat fut rude mais le courage de Mylène força l’admiration de sa famille et de l’encadrement médical.

Elle en sortit plus forte avec un autre regard sur la vie et stoppa sa carrière.
Mimmo mit sa carrière entre parenthèses, pour épauler sa femme et sut lui apporter une force positive incroyable.
C’est à cette période que se développa en lui cet amour de l’humour, ce pilier essentiel du couple qui participa grandement à la rémission de Mylène.

Quelques années plus tard, en fin de carrière, Mimmo et Mylène, par trois fois, amenèrent le jeune Bobby, six ans, à Glagow, lorsque son père jouait dans le club local, dans la dernière année de sa longue carrière.

C’est lors de cette année là, lors du troisième et dernier voyage, que le drame eut lieu mais que le pire fut évité pour le jeune Bobby.

Mais un traumatisme profond en découla.

Annexe 9c

9c. Carte postale du 21 mai 2019

Chère Tata,

Papa me manque,
Mamam me manque,
Tu me manques et je dois te l’avouer,
Haru me manque.

Demain, je pars pour Dumfries à l’adresse indiquée sur la lettre que j’ai reçue à Edimbourg. J’ai aussi besoin de parler. Tata, j’ai ressenti un déclic ces derniers jours. J’ai l’impression d’avoir oublié une partie de mon enfance. Il y a quelque chose d’essentiel qui m’échappe. Qui étais-je ? Qui suis-je ? Quel homme ai-je envie de devenir ? Il me semble que les réponses se trouvent à Dumfries. J’ai besoin de comprendre et d’avancer car je le sens, tout est lié.

Merci encore tata Suzette. Pour tout ce que je sais et tout ce que j’ignore encore.

Ton Bobby.

PS : Le hasard m’a amené sur les hauteurs de ce petit village, qui est aussi le berceau du rugby à 7 ! C’est merveilleux.

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