Le voyage de Bobby - Episode 7

 

Quelques jours ont passé. J’en ai profité pour commencer à visiter une ville fabuleuse. Je pense même que je pourrais m’y plaire et y résider.
Ce matin, samedi, je me lève étrangement de bonne humeur. J’ai pourtant des interrogations plein la tête. Pourquoi papa serait-il fou de rage d’avoir perdu une photo ? Il n’a jamais accordé aucune importance aux objets. Il me semble que maman m’a fait passer un message dans sa courte lettre : je dois me rendre au  Murrayfield Stadium !
Je décide donc de le visiter dés ce matin afin de me laisser du temps pour préparer mon rendez-vous restaurant de ce soir.

 

Je m’y rends en tramway. Il est très récent (mai 2014) et dessert directement le stade. En plus, on peut circuler à partir de 5-6h jusqu’à 23H ! C’est un moyen de locomotion prisé qui a connu une extension en 2019. Aujourd’hui, il compte 14 kilomètres et 15 stations.

La visite est effectuée par un guide passionné : bien entendu, on va sur le terrain et la vue qu’ont les joueurs est impressionnante. L’architecture est splendide, ça sent le rugby ! Et le sport en général. Mais surtout, la visite est passionnante, on y apprend plein de choses sur son histoire (notamment le fait que le stade a eu pendant longtemps le record de spectateurs pour un match de rugby avant que des normes de sécurité l’oblige à réduire sa capacité), le guide répond à toutes les interrogations et clou du spectacle : j’ai visité les vestiaires. Malgré mon « enquête », je me suis laissé emporter par l’engouement du guide et la qualité du lieu !  Finalement rien. J’ai eu beau regarder, observer, scruter, rien d’étrange n’a attiré mon regard. Alors que je pars, rempli de frustration mais aussi comblé par ma visite malgré tout, le guide qui avait les noms de chaque visiteur me tend une enveloppe (annexe 7a).

Je la lis alors, avec un léger sourire, et repars à l’hôtel pour me changer, me reposer, afin de me rendre à mon rendez-vous au restaurant nommé Aizle.

Il est 20H00, j’arrive au restaurant Aizle.
Elle m’attend et je me fige… Elle s’est coiffée spécialement pour l’occasion et a de somptueux cheveux bruns frisés.
Elle est vêtue d’une robe chic, d’un rouge pimenté et vif et a un regard furtif qui me pétrifie…
Pour ma part, j’ai opté pour une tenue classe mais pas guindée: une petite chemise unie mais chouette et un pantalon plus sobre, un peu sombre surmontée d’une ceinture. Le tout me donne un air à la fois sérieux et décontracté.

Elle parle la première :

Bonsoir, le frenchie, ce soir c’est moi qui invite et ça ne se discute pas, entrons et savourez !
Bonsoir, dis-je sans trouver un compliment qui ne passe pas pour de la drague lourde. Je m’appelle Bobby L…, appelez moi Bobby et vous quel est votre prénom ?
Haru, oui je sais c’est peu commun mais mon père a des origines japonaises et il a tenu à me donner ce fardeau.

La conversation est fluide.
Elle m’explique l’importance de son document pour un gros contrat et m’informe, en passant, qu’elle est chargée de clientèle. Elle travaille dans une entreprise qui commercialise des produits exclusivement biologiques ou issus de commerces raisonnés et locaux pour tout le pays.
Elle clot rapidement le sujet afin que la soirée ne termine pas en extra professionnel.

– Et vous, que faîtes vous Bobby ?
– On peut se tutoyer si cela ne te gène pas… dis-je du tac au tac, plus à l’aise et prenant de l’assurance.
Haru me lance un regard qui mélange surprise et réflexion puis dans un sourire me répond :
Certainement. Bobby, que fais tu dans la vie à part percuter de pauvres et innocentes jeunes femmes afin qu’elles t’invitent à dîner ?

Cette réflexion, je m’en souviendrai longtemps et je ne peux réprimer un rire.

Je travaille dans la vente de logiciels, pour la sécurité informatique. C’est une petite entreprise dans laquelle je travaille depuis des années qui me tient à cœur… C’est du travail à domicile donc ça me permet d’être flexible.
Cela ne m’étonne pas, c’est une qualité noble d’être fidèle. Fidèle comme ce Bobby bien connu ! (Annexe 7b).

 

Et Haru me raconta cette histoire fabuleuse concernant ce chien Bobby.
As tu été voir Athur’s seat ?
– Non, où est-ce ?
Elle me répond que c’est une colline haute de 251 mètres au centre ville proche de l’endroit où on s’est recroisé mercredi et qu’elle a un lien avec les légendes locales.
Et bien, tu ne connais pas encore grand chose de l’Ecosse, termina t-elle.
Je viens d’arriver et j’ai l’esprit un peu encombré, dis-je en tentant de me justifier.
As tu été sur la « Athur’s seat » ? poursuit-elle sans me laisser le temps de respirer.
Non qu’est ce que c’est ?
– Je te laisserai y aller. Il s’agit d’une colline au centre ville qui est liée à des légendes.
Haru ne me laissa pas réagir. Je fais de l’apnée.
Connais tu le haggis ? Demande t-elle avec un air malicieux.
Pas du tout !
– C’est un animal curieux. En fait, c’est un oiseau. Il y a deux espèces différentes. Ceux qui ont deux pattes longues à gauche et deux pattes courtes à droite et inversement. Cela les aide à marcher dans les montagnes.
Ah bon, épatant !
– Ce n’est pas tout, ces deux espèces ne se rencontrent jamais car il ne montent jamais de la même manière les versants. Et ils ne se reproduisent qu’entre même espèce. C’est pour cela que la population est fragile.
– Je n’avais jamais entendu parler de ça…
– Et si tu as la chance d’en surprendre un, s’il tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, c’est un mâle sinon c’est une femelle !
– Mais …
Oui, si c’est ta question. Je me fous de toi, dit-elle dans un éclat de rire. Le haggis est un animal imaginaire, il fait partie du folkore. Je n’ai pas pu me retenir de rire vu la tête que tu faisais en m’écoutant !

 

 

Je passe alors la meilleure soirée de ma vie.

Le repas se termine comme il a commencé, dans les questions-réponses naturelles et bienveillantes.

J’essaie ensuite de lui résumer mon « enquête ».
Haru semble intéressée et amusée. Puis elle regarde sa montre.

– Oh, il est déjà tard Bobby, je dois partir pour Aberdeen pendant quelques semaines dés demain matin.
– Oh !
– Je suis désolé, bonne continuation !

Haru part d’un coup, en laissant l’argent pour le repas et un pourboire et s’éclipse tel un soleil d’été derrière une montagne trop haute.

Passant d’une chaleur merveilleuse à une fraîcheur soudaine, je reste absent, j’absorbe mon café puis rentre me coucher.

En arrivant dans ma chambre, une lettre m’attend (Annexe 7c).

Je la lis et cela m’attriste.
Je devrai bientôt partir et ce ne sera pas pour Aberdeen. Mais est-ce là l’importance ?

Je me suis fait des illusions, je dois me rencentrer sur mes parents.

Je me couche, mêlé entre souffrance et déception.

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer