Laure a envie de voyager, de mettre un peu de fantaisie dans sa vie, de sentir le vent lui fouetter le visage et de se blottir dans les bras de son chéri Vincent après une longue journée de randonnée. Après plusieurs années de vie commune heureuses passées au sein de leur boutique de produits biologiques dans les Vosges « La Joyeuse Brimbelle », il lui faut un bol d’air nouveau. A force de parcourir des sites de vacances avec soleil et mer tranquille à siroter un limoncello, elle finit par succomber aux paysages d’une île escarpée d’une beauté sauvageonne éclaboussée par des vagues argentées. Dans son rêve éveillé, la bruine salée vient blanchir ses joues, elle marche sur la lande au milieu des chardons et de la bruyère. C’est bon, elle est conquise, Laure prépare déjà son road book. Maintenant il ne lui reste plus qu’à convaincre son compagnon de lâcher ses pots de confiture, ses clients, ses fournisseurs pour quelque temps afin d’aller se mettre au vert.

Vincent de son côté se dit qu’une pause lui ferait du bien, lui qui s’active quotidiennement dans la boutique se sent un peu fatigué. Laure intervient, expose les bienfaits d’un changement, les mille et une beautés de ce pays celtique, la nature préservée, l’accueil chaleureux des écossais. Vincent se laisse charmer. Formalités de voyage ok, valises ok, consignes aux employés pour la boutique ok. Quelques jours plus tard, on pouvait lire sur la porte de la boutique «Les patrons sont en congé, mais Sandrine et Christophe sont là pour vous servir».

 

 

Bonjour belle Écosse nous voilà ! Après la descente d’avion et la location d’une voiture, une petite halte dans un pub d’Inverness permet de se régaler d’un délicieux Lecker fish pie accompagné d’un thé blanc fumé cultivé en Écosse.

Avant de prendre la direction de l’île de Skye, une visite de courtoisie à Nessy sur le Loch Ness s’impose. Ils se retrouvent devant les ruines du château d’Urquhart, supposé être le lieu d’observation parfait pour l’apercevoir, mais pas de créature lacustre, rien à l’horizon d’un lac qui semble tutoyer l’infini.

Retour au véhicule. Malgré un temps relativement clément et des espaces naturels grandioses parfois pas si différents des Vosges, faire 87 miles (140 km) pour découvrir les joies de la conduite à gauche, c’est du sport, d’autant que l’Écosse aime bien les ronds-points : il faut alors redoubler de concentration pour ne pas se retrouver à contre-sens. Sur Skye, nos deux tourtereaux devront compter avec le va-et-vient sur l’île de faisans peu craintifs, de moutons occupés à brouter l’herbe plus verte ailleurs, de cerfs majestueux et de belles vaches rousses au détour des virages.

 

 

 

Arrivée sur l’île se fait via Kyle of Lochalsh. Il suffit de traverser le pont, il n’y a aucun péage. Vincent a jeté un œil rapide surs les sommets environnants, tandis que Laure a pu apercevoir Eilean Bàn l’île blanche et son phare, sanctuaire des loutres.

D’un climat océanique relativement doux, l’île de Skye Eilean a’ Cheò que l’on appelle parfois l’île des brumes offre une quantité impressionnante de péninsules sur sa côte sud-ouest, avec autour de toutes petites îles. Comme la météo est très changeante, entre pluie et soleil, entre nuages gris et éclaircies soudaines, le regard se trouve souvent captivé par les arcs-en-ciel. C’est un décor magique pour les photographes, un espace de randonnées sans pareil, il y a même un écossais fou Danny MacAskill qui arpente les crêtes vertigineuses de l’île avec son vélo tellement il est raide dingue de son île natale !

 

 

 

 

Sur la route qui les mène à Broadford, la végétation se pare de teintes mauves, jaunes, blanches, des bosquets de feuillus côtoient de jeunes conifères, la bruyère s’accroche sur des parois rocheuses presque lisses d’où émerge de la fougère à pleines brassées. Laure aperçoit la côte, puis à l’entrée du village, ils cherchent la Co Operative Food de Broadford afin de se ravitailler pour le repas du soir et le petit-déjeuner. Le gaélique est plus utilisé sur l’île que l’anglais, mais ils trouvent un autochtone au joli prénom de Ranald pour les aider à savoir ce qu’ils peuvent trouver de bon à mettre dans leur panier. Le contact a été chaleureux, alors ils échangent leur n°s de portable, on ne sait jamais. C’est le GPS ensuite qui est sollicité pour les conduire à leur « home ».

Ils roulent maintenant à travers les plus riches terres agricoles de l’île, passent non loin du Beinn Shuardail un mont de petite hauteur, et en arrivant près du Loch Cill Chriosd d’un bleu vert captivant, ils empruntent un sentier où gambadent quelques moutons à tête noire du nom de Blacksheep.

 

 

Encore quelques mètres et le nid douillet est là, une cabane en bois de couleur crème avec un petit escalier, et un intérieur très cosy, confortable, idéal pour un couple. Laure a craqué pour cet espace de vie même si le prix est un peu élevé, elle voulait la nature, une étendue d’eau et pas de bruit. Ils se sentent bien malgré la fatigue du voyage, heureux de ressentir le calme les envahir. Le repas du soir sera à base de poisson fumé et fruits de mer, arrosé d’une bière Orkney Dark Island, blottis dans la cabane de berger à regarder le coucher du soleil.

Laure sait que demain les montagnes rouges The Cuillin ainsi que le petit port de pêche d’Elgol seront au programme de leur première randonnée.

 

Vers la 2ème partie

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