Tristan et Iseut, tragédie à l’irlandaise

La légende médiévale de Tristan et Iseult (ou Iseut et même Yseult) se déroule en Irlande.

Connue dans le monde entier, cette tragédie a inspiré de nombreux artistes (littérature, musique, théâtre…). Le compositeur Richard Wagner lui a même consacré un opéra !   Sa richesse a en effet de quoi nourrir l’imaginaire : il y a une histoire d’amour impossible, de la passion,  des rivalités, une lutte pour le pouvoir…

tristan et iseut

Un mythe qui a traversé les siècles

Nourrie des romans antiques (notamment de la mythologie grecque et romane), la légende de Tristan et Iseut s’inspire directement de la mythologie celtique : les connaisseurs trouveront des similitudes avec l’histoire d’amour de Grenne et de Diarmuid.

Elle est donc issue d’une tradition orale. Par exemple, un chant du 9e siècle en Bretagne mentionne déjà les deux amants maudits.

Elle est ensuite mise par écrit au 12eme siècle. Plusieurs textes vont raconter cette fabuleuse romance (Béroul, Thomas d’Angleterre, Chrétien de Troyes…).

Comme ces manuscrits étaient partiellement incomplets, Joseph Bédier a réécrit une version intégrale de ce mythe, à partir de plusieurs sources. C’est cet ouvrage qui fait désormais figure de référence auprès du grand public.

Une belle histoire d’amour… qui finit mal

À la mort de ses parents, Tristan trouve refuge auprès de son oncle, le roi Marc de Cornouailles, un prince aimé et admiré de tous.

Ce dernier a une dette auprès du roi d’Irlande que Tristan veut acquitter. N’écoutant que son courage, ce preux chevalier part sur l’Ile d’Émeraude afin d’affronter le géant Morholt.

Tristan tue le colosse, mais il reçoit une blessure mortelle : un coup d’épée empoisonnée. Pour être sauvé, il doit se rendre auprès d’Iseut, la fille du roi d’Irlande, car elle seule pourra neutraliser le poison.

Tristan parvient à rencontrer la belle et blonde jeune fille, qui le guérit.

La fuite des amants

Alors quand le roi Marc choisit de se marier avec Iseut, il envoie tout naturellement Tristan la chercher.

Pour s’assurer que cette union sera sans faille, la reine d’Irlande fait fabriquer un philtre d’amour. Elle le remet à la servante d’Iseut, afin qu’elle le fasse boire aux jeunes mariés.

Pendant le voyage, Tristan et Iseut, croyant étancher leur soif, absorbent ce breuvage magique. Les jeunes gens tombent aussitôt amoureux.

Après moult rebondissements, ils finissent par s’enfuir, bien décidés à vivre pleinement leur passion.

Tristan et Iseut doivent se cacher, déjouer de nombreuses intrigues et manipulations, et même combattre des créatures fantastiques. L’exil sera pourtant aussi source de joie : ils vont connaître le bonheur d’être ensemble.

Les deux amants sont pourtant rappelés à leurs engagements. Iseut rejoint Marc et Tristan est contraint à partir.

La souffrance de la séparation et la mort

Au fil du temps, Tristan se persuade qu’Iseut la Blonde l’a oublié. Pourtant, tous deux partagent la même souffrance et les mêmes doutes.  Malgré la distance, cette douleur commune les rapproche davantage l’un de l’autre, sans qu’ils en aient conscience.

Tristan se fait remarquer pour sa bravoure lors d’une guerre en Bretagne puis épouse une autre Iseut : Iseut aux Blanches Mains. Mais celle-ci comprend vite que son mari est encore amoureux d’Iseut la Blonde, puisqu’il refuse de consommer son mariage. Intérieurement, il s’accuse d’avoir trahi son unique amour.

Un jour, alors qu’il est blessé à mort, Tristan fait à nouveau appel aux talents de guérisseuse d’Iseult la Blonde. Si elle accepte de lui porter secours, elle doit revenir à bord d’un bateau ayant une voile blanche.

Iseut la Blonde se précipite. Mais la jalousie d’Iseut aux Blanches Mains va perdre les amants : en colère, elle dit à Tristan que la voile est noire. Désespéré, il meurt sans avoir trouvé la paix. Iseut la Blonde est brisée par la douleur quand elle apprend la mort de Tristan. Elle le rejoint immédiatement dans l’au-delà, et rend son dernier souffle dans ses bras.

Touché par la scène, le roi Marc les ramène avec lui et les enterre côte à côte en Cornouaille.  Parce que l’amour est plus fort que la mort, un chèvrefeuille a ensuite poussé sur la tombe de Tristan et s’est enfoncé dans celui d’Iseut, les unissant pour l’éternité. Une ronce qu’il est inutile de couper : elle revient à chaque fois plus résistante.

 

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